LeSocial Emploi Prepa Doc Formateque

Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

La représentation sociale de la personne handicapée mentale comme obstacle à son intégration

La représentation sociale de la personne handicapée mentale comme obstacle à son intégration

Avant mon entrée en formation, j’ai pu faire le constat que le handicap mental fait peur. Les gens, en général, ne connaissent pas de personnes handicapées et s’en font des représentations souvent fausses : représentation de personnes violentes, incapable de se contrôler et dangereuses pour leur entourage. Lors des mes premières expériences professionnelles, avant de rentrer en formation, c’est à dire lors de séjours de vacances pour adultes handicapés mentaux, j’ai pu affirmer ce constat : refus d’un groupe dans des lieux municipaux (piscine, camping…) à cause de leurs handicaps (pourtant légers) ; réflexions de clients ou de vendeurs dans des magasins, etc. Même en formation, avec des professionnels de l’éducation, cette crainte existe parfois. Ces réactions peuvent nous amener à nous demander si les personnes handicapées mentales sont considérées comme des êtres humains. Ce constat, me semble-t-il, pose question quant à l’intégration des personnes adultes handicapées dans notre société. Pourtant n’est-ce pas une des fonctions de l’éducateur ? Comment et pourquoi la population a cette vision de la personne handicapée mentale ? Qu’est-il fait aujourd’hui pour “briser” ces représentations ? Et nous, travailleurs sociaux, que pouvons-nous faire ? Je traiterai ces questions en m’attachant, dans un premier temps, à expliquer, à mon sens, les causes des images que peuvent avoir les gens et les conséquences qui en résultent pour les personnes handicapées. Je reviendrai ensuite sur la notion de handicap et notamment celle du handicap mental, car si je pense que l’ensemble des constats peut se généraliser aux différents handicaps, mon expérience et les observations que j’ai pu effectuer se situent essentiellement dans le domaine du handicap mental. Enfin, j’expliquerai ce qu’est, pour moi, un éducateur spécialisé avant de faire des propositions qui, à mon sens, devraient permettre de “briser” les représentations et ainsi laisser aux personnes handicapées la possibilité de s’intégrer.

CONCLUSION Comme l’a souligné Jean-François GOMEZ, nous avons créé des systèmes institutionnels “purs”, sans voir que le monde changeait autour de nous. La société évoluait en prenant l’habitude de ne pas voir de personnes handicapées mentales, se forgeant des idées fausses sur ce que pouvait être le handicap. Aujourd’hui nous nous rendons compte de notre erreur et allons de plus en plus vers une désinstitutionnalisation afin de permettre à la personne handicapée mentale de retrouver sa place de citoyen et d’acteur dans la vie sociale. Cependant, amener une société qui depuis des décennies s’est protégée des personnes différentes en les excluant à leur reconnaître le droit de vivre parmi elle, avec elle et, comme elle, bénéficier des ressources sociales dans une solidarité la plus large possible, n’est pas chose facile et ne se fera pas du jour au lendemain. Je pense que l’éducateur a un rôle à jouer dans l’accompagnement de ce changement de mentalité, et avec lui, l’ensemble du secteur associatif. A mon sens, il ne faut pas oublier les origines de notre profession. Je ne fais pas l’apologie du militantisme mais souhaite souligner la nécessité d’un engagement social. Je ne pense pas que nous devons nous contenter de fonctionner mais, au contraire, que nous sommes là pour interroger un système et lui permettre d’évoluer.

Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
Type de fichier: application/pdf
Historique du document:

0

Licence

Chacun des éléments constituant le site SocioDoc.fr sont protégés par le droit d'auteur. Il est donc strictement interdit d'utiliser, reproduire ou représenter même partiellement, modifier, adapter, traduire, ou distribuer l'un quelconque des éléments.

En cochant la case ci-dessous, j'accepte les conditions générales d'utilisation de SocioDoc.fr.

Accepter le terme et la condition

Documents associés

L'internat pour jeunes sourds : un lieu pour s'entendre ?

C’est tout naturellement que je suis entrée en formation d’éducateur spécialisé. Mes activités d’enfant et d’adolescente, l’éducation que j’ai reçue m’y ont conduite avec évidence. Ma famille m’a transmis une ouverture d’esprit certaine et surtout une grande curiosité du monde qui nous entoure et des gens qui y vivent. De nombreux voyages et des relations multi-culturelles m’ont amenée à appréhender naturellement la différence, à l’accepter et à m’en enrichir. C’est, sans aucun doute, cet aspect de mon éducation qui m’a donné l’envie de m’orienter vers une profession sociale. Le fait d’avoir beaucoup travaillé en colonie de vacances et d’avoir eu l’occasion d’encadrer des enfants atteints de maladies ou de handicaps mentaux (dans le cadre d’une activité équestre) et, de ce fait, de côtoyer des éducateurs spécialisés, m’a fait choisir, plus particulièrement, ce métier. Avant d’entrer à l’IRTESS de Dijon, je m’étais fixé un parcours de formation.

Je souhaitais tout d’abord travailler auprès d’adultes atteints de handicap mental (pour avoir déjà côtoyé des enfants déficients mentaux, je m’interrogeais sur ce que leur proposaient les services médico-sociaux lorsqu’ils devenaient adultes). Ensuite, j’étais attirée par la communauté sourde que je connaissais déjà pour pratiquer la Langue des Signes Française (LSF) en association, depuis plusieurs années. Touchée par la problématique des enfants handicapés en général, et des sourds en particulier, ce n’est pas par hasard que je m’étais fixé comme objectif de travailler dans une institution pour jeunes sourds lors du stage long. Outre ma connaissance de leur langue et de leur communauté, je souhaitais mieux connaître le parcours de vie (et de développement) des personnes sourdes que je ne côtoyais qu’adultes.

La relation: premier outil nécessaire à la construction de l'action éducative
Lorsqu’il m’a fallu choisir un sujet de mémoire, la question des enjeux de la relation éducative auprès des enfants carencés s’est tout de suite imposée comme idée de départ. C’était une de mes interrogations les plus récurrentes durant ma formation et notamment lors de mon stage de troisième année. Je me suis rendu compte, que lorsqu’on arrive dans une structure, on ne connaît pas précisément son fonctionnement, son cadre juridique, ses objectifs. En effet, la première chose qui s’impose à nous c’est la relation avec le public. Lors de ma troisième année de formation, j’ai effectué un stage en Maison d’Enfants à Caractère Sociale. Ainsi, je me suis interrogée sur ce qui se joue au sein de la relation éducative auprès d’enfants carencés. Cette structure accueille des enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance, dans le cadre de la protection de l’enfance. Elle se divise en trois unités : la première accueille à la fois des enfants de 3 à 10 ans et des filles de 10 à 16 ans. La seconde accueille des garçons de 10 à 16 ans et la dernière accueille les fratries, tout âge confondu. Afin de comprendre en quoi la relation éducative a toute sa place dans notre intervention éducative auprès de ces enfants, il me semblait nécessaire de présenter quelques points du projet d’établissement et notamment les deux missions principales : l’accueil et l’accompagnement :
L’accompagnement de l’adulte souffrant de troubles mentaux en CHRS
Monsieur Eric déambulait dans le couloir du Centre. Je ne le connaissais pas. Sa démarche était rapide, son regard absent, un lent monologue l’animait. Je m’approchais de lui et le saluais. Il ne me répondit pas, ne marqua pas de pose et se dirigea vers sa chambre. Je rencontrais l’étrangeté d’un individu qui me semblait être hors de la réalité immédiate, me retrouvais seul avec mon bonjour, comme si cette recherche de lien ne prenait pas sens pour l’usager. Au-delà de cette absence de communication, d’échange, c’est la présence, la visibilité du corps dans ce qu’il donnait à voir qui retint mon attention – « le corps (…) est la trace la plus tangible du sujet, dès lors que se distendent la trame symbolique et les liens qui le rattachait aux membres de sa communauté » - et me questionnait : n’avais-je pas été présent physiquement à ses yeux pour que la parole ne puisse émerger entre lui et moi ? Fallait-il peut-être ne pas chercher de suite à établir un contact mais laisser l’autre appréhender ma personne, le nouvel éducateur de l’équipe ? Comment faire en sorte que le résidant retrouve une adhésion à son environnement immédiat, à l’environnement social ? Depuis maintenant plus de trois ans, ces questions, parmi d’autres, alimentent ma pratique socio-éducative auprès d’adultes ayant des troubles mentaux stabilisés, hébergés en Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (C.H.R.S.) . Ainsi, le C.H.R.S., au regard de ce public spécifique, est un lieu d’hébergement transitoire, une passerelle qui fait lien entre un avant – une hospitalisation en psychiatrie – et un après, un devenir et la place qu’occupera l’individu au sein du corps social.
Autonomie, handicap et estime de soi ?

L’objet de cette recherche s’articule autour d’un questionnement posant le développement de l’autonomie de ces personnes de manière problématique. Par ailleurs ces difficultés interrogent tout professionnel soucieux d’accompagner ces personnes dans le développement de toutes leurs potentialités. J’ai donc recherché des difficultés susceptibles d’entraver le développement de l’autonomie pour la personne et plus particulièrement handicapée, la capacité à être sujet puis le développement de sa propre reconnaissance et celle des autres, de son identité personnelle. Autant de thèmes (autonomie, image de soi, handicap, personne handicapée, confiance en soi, identité, reconnaissance…) et de définitions liées à cette problématique qu’il m’a fallu saisir et articuler à mon questionnement de départ. Ce travail a consisté à essayer d’expliquer ces situations concrètes d’une part, par l’élaboration d’une recherche théorique et d’autre part en interrogeant les personnes considérées en difficulté, par la méthode des «entretiens ». En même temps, ce travail m’a permis d’interroger le sens d’un travail éducatif avec des adultes handicapés afin d’envisager à terme une posture professionnelle cohérente en tant que future éducatrice spécialisée.

Connexion

Educateur spécialisé

Abonnement

Recherche