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Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

Quand l'éducateur se retrouve en position de tiers à l'ASE

Quand l'éducateur se retrouve en position de tiers à l'ASE Ainsi, mon parcours de formation fut marqué par plusieurs expériences de terrain très enrichissantes. J’ai commencé la première année avec un stage hors champ de l’éducation spécialisée (stage externe), à la Croix-Rouge Française à Marseille. J’intervenais sur trois secteurs : l’accueil familial (distribution de colis alimentaires, vêtements, conseils, orientation), la « petite plume » (espace de jeux, d’éveil, de socialisation pour les jeunes enfants, et en même temps de rencontre pour les parents), et le SAMU Social, en lien avec le 115 et le SAMU Social de la Ville de Marseille. Cette expérience en direct avec la grande précarité, qui mêle à la fois des personnes sans domicile, des travailleurs pauvres, des étrangers en situation irrégulière, des personnes toxicomanes ou alcooliques… a été pour moi une expérience humaine et professionnelle très forte. Mon premier stage spécialisé s’est déroulé en IMPRO, les Chalets (Marseille 14ème) avec des adolescents de 16 à 21 ans présentant une déficience intellectuelle, en pré-formation professionnelle dans la Restauration cuisine et service. Ce stage a été pour moi l’occasion de découvrir de façon plus approfondie le handicap et tout le travail de formation et d’insertion qui y est réalisé. Pour le second stage spécialisé, j’étais en Maison d’Enfants, la Reynarde (Marseille 11ème) sur un groupe d’adolescents de 12 à 17 ans. Ce travail en internat m’a vraiment permis de prendre conscience de l’importance du quotidien dans l’acte éducatif. Et dans ce quotidien fait de levers, couchers, accompagnements divers, sorties, loisirs… deux dimensions coexistent sans cesse : la routine, avec tous ses rituels, et l’imprévu. Comme le dit J. Rouzel, « il faut laisser une porte ouverte a l’imprévu, à l’insu, à l’inouï (…). Trop souvent nous considérons l’imprévu sur le mode de quelque chose qui dérange »

L’éducateur est bien à l’ASE dans un positionnement de tiers qu’il occupe, seul ou en équipe, de multiples manières. Son positionnement relève également pour moi d’un positionnement éthique, respectueux de la loi qui l’impose, mais aussi et surtout du sujet en danger, en difficulté, qui est en face de lui. Tenir cette position c’est garantir quoi qu’il arrive une présence pérenne, une écoute bienveillante, un projet adapté. Tenir cette position de tiers c’est aussi répondre à un mandat judiciaire, à une demande administrative… mais c’est surtout répondre à un besoin, à une nécessité, une urgence, un danger. Faire tiers, nous l’avons bien vu, peut se faire de multiples manières. Mais le plus important sera pour l’éducateur de se saisir de tous ces éléments d’observation, de vécu, de rencontre, pour rendre compte de la façon la plus juste et la plus fine. Car finalement, même si l’on peut avoir à l’ASE des suivis d’enfants pendant des années, n’oublions pas que nous sommes seulement de passage dans leur vie. A nous d’écrire pour faire vivre toutes ces réflexions, pour pouvoir un jour, leur permettre de lire leur histoire vue par d’autres. L’éducateur, à l’ASE comme ailleurs est un passeur. Passeur de vie, passeur d’espoir : on apprend à avoir confiance en ces jeunes, en ces familles.
Catégorie: Mémoire Educateur spécialisé
Type de fichier: application/pdf
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Du jeu au nous

Depuis mes premières expériences dans l’éducation spécialisée, je m’interroge sur les pratiques du travail avec les familles. Ces questionnements sont d’abord survenus lorsque je travaillais en situation d’hébergement accompagnant des mineurs dans le cadre de la protection de l’enfance ainsi que dans celui de la protection judiciaire de la jeunesse. Je me suis aperçue qu’en général, il est difficile de travailler avec les familles dont les enfants sont en situation d’internat, car les professionnels les rencontrent peu. Ils travaillent alors davantage sur la place de la famille pour l’enfant afin de recréer des relations qui peuvent avoir été mises à mal. Je souhaitais cependant aller plus loin dans mes réflexions en pratiquant une autre façon de travailler avec les familles. Dans le cadre de ma troisième année de formation d’éducateur spécialisé, je me suis donc dirigée vers le suivi en milieu ouvert en protection de l’enfance. J’ai réalisé mon stage à responsabilité dans un Service d’Intervention en Milieu Naturel (SIMN). Cette dernière année de préparation au Diplôme d’Etat d’Educateur Spécialisé m’a amenée à prendre du recul sur ma future pratique professionnelle.

En effet, en première année, j’ai abordé le travail éducatif au sein d’un Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique en hébergement. Ce fut pour moi l’occasion de découvrir l’accompagnement pluridisciplinaire sur les trois pôles de la structure avec un public d’enfants et de préadolescents ayant des Troubles de la Conduite et du Comportement (TCC). Dans le quotidien de la collectivité, je me suis positionnée auprès des jeunes, pour effectuer des actes du quotidien et essayer de leur donner un sens. Pour entrer en relation auprès d’eux, j’ai tenté de comprendre leurs troubles en les accompagnant dans ce quotidien. Par la suite, j’ai accompagné des adolescentes mères au sein d’un établissement maternel pour mineures et jeunes majeures. La particularité de cet accompagnement m’a amené à prendre en compte leurs difficultés de cumuler différents rôles (mère, adolescente, élève, fille,…) sans s’oublier soi-même. Je les ai laissées venir vers moi, comprendre qui j’étais, et nous avons appris à nous connaître. J’ai été amenée à construire un projet éducatif avec elles autour de leurs problématiques. Nos échanges ont alors permis de bâtir une relation plus solide, dans laquelle les jeunes femmes m’accordaient leur confiance.

Aider à retrouver la place du père

Le recours à la médiation Après le lycée, j’ai poursuivi mes études dans le domaine de la psychologie en faculté, afin de m’enrichir personnellement avec comme but à long terme de suivre une formation d’éducatrice spécialisée. Parallèlement, chaque vacance je travaillais en tant qu’animatrice dans un centre de loisirs dans un quartier défavorisé, ce qui me confortait dans mon projet de métier. Cela m’a également permis d’apprendre à travailler en équipe et à construire des projets avec elle, même si les projets d’animation sont très différents des projets éducatifs. J’ai pu aussi développer des capacités à créer des liens avec les enfants. Lors de mes stages, j’ai alors développé mes positionnements suivant les situations. J’ai effectué deux stages auprès d’enfants en situation de handicap (Institut Médico-Educatif et Centre de Soins de Rééducation et d’Education), un auprès d’adultes en situation de handicap (Foyer d’Accueil Médicalisé) et mon stage d’un an que j’ai effectué auprès d’enfants et d’adolescents en situation de placement à domicile chez leurs parents ou responsable légal. J’entre facilement en relation avec les usagers et j’ai pu trouver la distance que je souhaitais instaurer avec eux. Mon positionnement est basé sur l’utilisation des médiations et j’utilise des outils de l’approche centrée sur la personne de Rogers afin de respecter au mieux les besoins et désirs des usagers.

Lors de mon stage long, j’ai pu accompagner des familles, en tant que co-référente de plusieurs situations. J’ai eu l’occasion d’échanger avec les parents et construire une posture professionnelle auprès d’eux. J’ai alors participé à des entretiens familiaux en compagnie d’autres éducateurs ou psychologues au service, ainsi qu’à des visites à domicile. J’ai découvert le milieu du social, dans ce nouvel environnement, j’ai développé de nouveaux outils pour accompagner les jeunes et leurs familles. J’ai suivi deux adolescents et une petite fille en coréférence, dont une adolescente que j’ai accompagnée dès le début de la mesure de placement au sein de notre service, j’ai effectué son admission avec la chef de service. J’ai réussi à entrer en contact avec eux, à créer un lien et à les accompagner de façon professionnelle, ils m’ont repérée comme adulte de référence. J’ai participé à des réunions avec les partenaires, j’ai moi-même accompagné des jeunes à des rendez-vous et fais le lien avec certains partenaires concernant leurs situations. J’ai pu communiquer et élaborer des projets avec l’équipe, participer activement aux réunions, donner des informations et des avis pertinents concernant les différentes situations. Le domaine de la protection de l’enfance auprès d’un public enfant et adolescent a suscité un réel intérêt en moi car si je souhaitais devenir éducatrice spécialisée, c’était pour pouvoir aider ces enfants avec des problèmes familiaux que je rencontrais dans l’animation et face auxquels je me retrouvais complètement démunie. J’ai particulièrement été intéressée par le travail avec les familles, le travail en équipe pluridisciplinaire, ainsi qu’avec les partenaires. J’ai rencontré les familles, appris à travailler avec elles, ma compréhension des missions du placement à domicile s’est affinée. Une chose à laquelle je ne m’attendais pas fut que beaucoup de familles monoparentales que nous accompagnions au service étaient des enfants vivant chez leur père (parents séparés avec la garde attribuée au père ou décès de la mère). En effet, durant l’année 2016, le service de placement à domicile accompagna 8 fratries vivant chez leur père, sur un total de 36 mesures. D’après l’INSEE En 2005, 1,76 million de familles sont composées d’un seul adulte qui vit sans conjoint avec un ou plusieurs enfants de moins de 25 ans dans un même logement, elles sont 2,5 fois plus nombreuses qu’en 1968 et ce nombre ne cesse de croître. Avec l’évolution des mentalités, les femmes qui travaillent et qui deviennent indépendantes, l’apparition d’un congé parental, les hommes sont de plus en plus nombreux à s’occuper de leurs enfants à domicile, il semble alors logique qu’ils soient plus nombreux qu’auparavant à demander la garde de leurs enfants lors de séparations.

Le CHRS, une structure d'insertion

Malgré l’ambition et l’apparente facilité avec lesquelles les projets pédagogiques, d’insertion, d’accompagnement, et autres projets sont théorisés, il n’en reste pas moins que des difficultés d’insertion demeurent. L’insertion dans la vie économique inquiète nombre de jeunes. La complexité d’un système qu’ils ne maîtrisent pas en est le plus souvent la cause, car ce système ne leur ressemble pas. En quittant le mode des formations initiales, les jeunes abordent l’espace du travail comme un univers qui leur est, pour l’essentiel, étranger. Le faible degré de compréhension des rouages de celui-ci ne leur permet pas vraiment de raisonner sur ses dysfonctionnements, ni de suggérer, à partir de leur faible expérience, des solutions pour améliorer la rapidité de leur intégration. Néanmoins ils ont repris à leur compte un certain nombre de discours sur les entraves au développement des emplois, et attendent surtout qu’on les aides à s’orienter dans ce qu’il faut bien appeler, vu de la place qu’ils occupent, le labyrinthe de l’accès au travail.

Être parent, c'est je serais toujours là

J'ai participé à l'ensemble des activités proposées par l'établissement mais, mes observations ont portées sur cinq familles en particulier que j'ai pu accompagner durant ces neuf mois de stage. J'ai pu constater, par différentes observations, que les parents sont très souvent sollicités par les professionnels. Cependant, l'accompagnement des enfants pouvait être différent en fonction de la place que la famille voulait bien prendre dans le projet individuel de leur enfant.

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