La notion d'interculturalité en MECS
La relation que j’avais avec Ali n’était pas éducative étant donné qu’avec moi il n’acceptait pas de se laisser accompagner dans la démarche éducative, il rejetait tout ce que je pouvais lui dire, les conversations que je pouvais engager, les activités que je pouvais lui proposer. Cette attitude était peut-être liée au fait qu’il ne me reconnaissait pas comme légitime parce qu’il estimait que je ne pourrais rien lui apporter. Il fallait alors que je « gagne » son respect. C’est en adoptant cette démarche que je me suis adaptée à sa culture : pour lui le respect se gagne alors que je respecte toute personne que je rencontre. Ainsi le rugby représentait notre culture commune.
En le plaquant je lui ai montré que j’incarnais les valeurs qu’il estime : l’honneur, le prestige et le courage et par conséquent gagné son respect. Paradoxalement, la relation éducative c’est construite sur un rapport dominant/dominé. Or certains auteurs pensent que l’un des freins à la relation interculturelle est le rapport dominant/dominé entre le travail social et l’usager : «Il apparaît alors que pour exister de façon satisfaisante la relation interculturelle nécessite une égalité de pouvoir entre ses acteurs »