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Educateur spécialisé

L'éducateur spécialisé est un travailleur social qui participe à l'éducation d'enfants et d'adolescents dits inadaptés. Il soutient aussi des adultes présentant des déficiences physiques et/ou psychiques pour les aider à retrouver de l'autonomie.

Etude du handicap - Trajectoire d insertion d’un usager

Etude du handicap - Trajectoire d insertion d’un usager

SOMMAIRE INTRODUCTION 1. REPERES THEORIQUES 1.1. LES CHRS 1.2. NOTION D INSERTION ET D’INTEGRATION 1.3. LE TRAVAIL COMME MOYEN D’INSERTION 1.4. HANDICAP ET INSERTION 2. LE TRAVAIL PROTEGE 2.1. LE CAT 2.2. STATUT DU TRAVAILLEUR HANDICAPE 2.3. QUELLE INSERTION PAR LE CAT 3. ETUDE DE SITUATION DE S. 3.1. PRESENTATION DE SON HISTOIRE 3.2. PERSONNALITE ET COMPORTEMENT 3.3. ACQUIS ET DIFFICULTES 3.4. INSCRIPTION AU CHRS 3.5. PROJET D’INSERTION 3.6. ACCOMPAGNEMENT CONCLUSION

INTRODUCTION L'objectif du CHRS où j ai effectue mon stage long de responsabilité éducative est l accompagnement de jeunes (18 - 28 ans) dans leur projet de réinsertion. L établissement accueille 18 jeunes (12 garçon et 6 filles). Au sein de l ‘établissement, il s est avéré que parmi les jeunes accueillis, une résidente présentait des comportements relevant d une problématique du domaine du handicap, et nécessitait de notre part, une orientation particulière. Après avoir présente les apports théoriques nécessaires à la compréhension de la situation exposée, je retracerai son parcours d exclusion de cette jeune femme, je présenterai sa problématique qui l empêchait de s inscrire dans une démarche d insertion classique et la prise en charge qui a suivi. Par la suite, j évoquerai l orientation qui a été définie, d après les évaluations effectuées, afin de la conduire vers une activité professionnelle adaptée à son handicap, l accompagnement qui a été effectue lors de son séjour au centre et ma participation à celui-ci, et le projet d’orientation qui est actuellement en cours.

1. REPERES THEORIQUES 1.1. LES C.H.R.S. Les Centres d’Hébergement et de réadaptation sociale (CHRS) sont l’élément central du dispositif d accueil des populations en difficulte. Les structures d accueil mère-enfant et les centres d accueil non conventionnes complètent ce dispositif. Au 1er janvier 1994 , un peu plus de 23.000 personnes vivent en centre d hébergement et de réadaptation sociale en dehors de l accueil d urgence. Ces personnes éprouvent des difficultés pour vivre de manière autonome.

Confrontées à des problèmes qu elles n ont pas su résoudre, la plupart du temps en l'absence ou par la défaillance de solidarités essentielles (familles, amis, voisinage, travail, etc..), leur séjour en CHRS doit leur permettre d’acquérir ou de retrouver une autonomie. Définis à l article premier de la loi n°75-535 du 30 juin 1975 relative aux institutions sociales et médico-sociales, les centres d’hébergement et de réadaptation sociale (CHRS) ont pour vocation d accueillir, d’héberger et insérer les adultes et familles en rupture sociale. A l origine, les CHRS ont été prévus pour l accueil des ex-prostituées. L accès en a été progressivement étendu aux personnes sortant d hôpital ou libérées de prison, puis aux vagabonds aptes au reclassement et enfin à tout adulte ou famille en difficulté sociale (loi n°74-955 du 19 novembre 1974 et décret n°76-526 du 15 juin 1976), ainsi, ceci a ouvert les CHRS à une population multiple et complexe. Selon sa dénomination même, l aide à l hébergement et à la réadaptation sociale comporte deux aspects lies. Il s agit d une part, généralement de faire face à des situations d urgence et dans une logique curative, d offrir un logement à un certain nombre d’inadaptés, et d autre part, il s agit ensuite, en reprenant là des finalités qui pour avoir évolue dans la conception que l on pouvait en avoir, ont toujours été présentes de réadapter le bénéficiaire, notamment par leur insertion dans le monde du travail. "La réadaptation au travail et par le travail entre ainsi dans la déclinaison des divers moyens de réadaptation qui constituent la finalité, en principe première, de l aide sociale à l’hébergement. Elle vient compléter les actions d aide, de conseil et de soutien qui doivent s organiser à l occasion de la prise en charge elle-même."

Catégorie: Rapport de stage Educateur spécialisé
Type de fichier: application/pdf
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JEC : L’équipe et le cadre : piliers pour rassurer les usagers
Depuis mes premières expériences professionnelles, j'ai toujours attaché de l'importance au travail d'équipe qui me semble être une nécessité dans le monde de l'éducation spécialisée. Comme l'a dit Roger Mucchielli, " l'équipe forme une entité renforcée par le désir de collaborer au travail collectif en s’efforçant d'en assurer le succès ". Ainsi ce travail d'équipe peut être perçu comme étant une collaboration entre plusieurs personnes visant un but commun. La force de cette collaboration est la diversité des personnalités et des compétences dont elle dispose. J'ai effectué mon stage à responsabilité dans un ITEP (Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique). Cette structure était pour moi inconnue. L'institution est constituée de professionnels issus de différents milieux (enseignants, éducateurs, personnels du soin et services généraux). Elle accueille des jeunes ayant des troubles du comportement et nécessitant un accompagnement global. Dès mes premiers jours de stage, je me suis rendu compte de l'importance du travail d'équipe pour rassurer les jeunes. Comment l’équipe offre un cadre rassurant et structurant aux jeunes accueillis ? Comment l'équipe répond aux besoins de ces jeunes ?En quoi l'attitude des jeunes peut-elle remettre en question le fonctionnement de l'équipe ? Pour tenter de répondre à ces interrogations, nous verrons dans un premier temps l'équipe et son fonctionnement, dans un second temps une situation qui m'a posé question et enfin des éléments qui m'ont permis de mieux comprendre et de m'inscrire dans le travail en équipe à l'ITEP. Le JEC m'a permis de mesurer les enjeux du travail d'équipe et prendre conscience qu’une confiance mutuelle permet une bonne cohésion d'équipe et une cohérence dans les actes posés. Dans cette équipe, cela est possible grâce à une communication orale (réunions, ...) et écrite (cahiers de liaison, ...) efficiente. Cela permet d’offrir un contexte éducatif sain aux usagers. Pour moi, le travail d’équipe réside dans une bonne cohérence dans l’accompagnement mais sa limite est l’appropriation des règles par chacun. En effet, si un membre apporte des réponses différentes aux jeunes, cela peut être source d'angoisse pour eux ou être utilisé pour créer du clivage entre les professionnels de l’équipe. L’équipe m’a permise durant ce stage d’avoir une place importante au sein de celle ci et auprès des jeunes. J’ai pu comprendre la construction de la cohésion de cette équipe et quel rôle elle a auprès du public. Avec du recul je me suis rendu compte qu’« une équipe ça se construit,[que] l'esprit d'équipe ça se cultive. Il faut y consacrer du temps, de l'énergie, de la volonté. » 11 En effet, c’est en apprenant à se connaitre que les membres d’une équipe peuvent construire une cohésion. A travers ce JEC j’ai réfléchi sur l’importance du cadre dans la construction des jeunes. Mais le cadre doit-il être forcément rigide pour remplir une fonction contenante ?
L’Itep et l’ouverture sur le milieu scolaire ordinaire
Tout d’abord, on peut noter que le travail entre l’ITEP et cette école de secteur tient d’un travail de coopération de longue date. En effet leur proximité sur le territoire permet à l’école et à l’ITEP de s’organiser facilement pour des rencontres entre professionnels pour faire des bilans de leur coopération de manière générale, mais aussi de mettre en place facilement les réunions d’Equipe de Suivi de Formation. Cela a permis de rendre compte de la réactivité des acteurs de secteurs par rapport à Raphaël. Cette relation régulière permet des avantages par rapport à la souplesse et à l’organisation de temps scolaires adaptés aux besoins de Raphaël. On peut aussi mettre en avant que l’ITEP a répondu positivement aux demandes des parents et de l’enfant, ce qui respecte le cadre légal apporté par la loi de 2002-2, respecte le droit des usagers et favorise l’enfant à se tourner vers l’extérieur.

Les limites observées : Cependant les circonstances de cette inclusion immédiate ont eu des conséquences sur le fonctionnement de l’ITEP. Tout d’abord, par manque de moyens de transport un éducateur doit aller chercher Raphael dans son école, il manque donc un éducateur durant une courte période sur l’ITEP. Cependant les matinées sont les moments où les enseignants procurent leur cours aux enfants de l’institution et ces moments sont toujours source d’angoisse pour certains enfants qui peuvent être accueillis par des éducateurs pour être apaisé. Les horaires de présence de Raphael à l’école de secteur se trouvent être les mêmes horaires qu’ont les professionnels thérapeutiques présents sur l’ITEP. Raphael ne pourra donc pas suivre une thérapie interne malgré la nécessité pour son suivi de rencontrer le pôle thérapeutique. De plus les parents de Raphael souhaitaient que celui-ci profite des temps de groupe (temps de repas, récréations,..) de l’école de secteur. Ce souhait parental se confronte à une réalité financière institutionnelle. Les ITEP sont financés par l’Agence Régionale de Santé par des prix de journée. C’est-à-dire qu’un ITEP est financé par des prix de journée. En effet, le budget annuel d’un ITEP est calculé aux prix de journée, pour calculer le prix de journée on définit les coûts des charges d’un enfant sur une journée ainsi que le nombre de journées prévisionnelles. Cela dit chaque absence d’un enfant doit être justifiée à la fin de l’année à l’ARS sinon cette journée sera déduite du budget de l’année suivante. L’ITEP ne peut donc pas se permettre de ne pas faire participer Raphael au moment fort de la journée, comme le repas, sous peine de voir son budget réduit l’année suivante.
DPP : L'étrange et le bizarre : Et si l'éducateur osait la rencontre des différences
La parole, les codes communs, la rencontre, la reconnaissance de l'autre dans son identité, dans son humanité, autant de clés pour dépasser les portes de l'étrange au sens où l'on perçoit l'autre comme étranger. Même si je crois qu'il est important de continuer à considérer l'autre dans toute sa bizarrerie, dans toute son étrangeté car c'est ce qui fait finalement toute sa singularité, toute son identité. Si Lili, Bazil et Lamarana m'ont amenée à parler d'eux dans cet écrit, c'est bien parce qu'ils sont venus me questionner professionnellement et personnellement aussi. Et combien d'autres encore, sont venus agrémenter, par leurs comportements peu conventionnels, mon quotidien, d'abord d'aide médico-psychologique en Maison d'Accueil Spécialisée, puis d'éducatrice spécialisée en formation dans différents secteurs… Je crois que si j'ai choisi de m'inscrire dans ces métiers d'aide, c'est certainement que, au-delà de ce que je suis venue vérifier de moi chez l'autre, j'aime l’émotion que procurent ces rencontres avec ces gens très spéciaux. Ces vilains petits canards qui ne devraient pas avoir besoin de devenir cygnes pour qu'on les considère. Habitants du monde de l'autisme, de celui de la métaphore, ou de bien d'autres encore, ces personnes ont comme point commun, le besoin d'être accompagnés momentanément ou durablement dans la vie. Nous nous devons de les accompagner pour ce qu'ils sont, et non pas pour ce qu'ils devraient être. Il est donc essentiel de les prendre en compte pour tracer avec eux, ce que sera le chemin à emprunter pour les guider pleinement, ou à minima, vers une existence suffisamment acceptable. « Si l’écoute de l’Autre, tant dans son discours manifeste que dans ses intentions non dites mais espérées, est une attitude essentielle de tout intervenant éducatif, le regard porté sur soi-même est une autre exigence fondamentale. Il est avant tout dépendant d’une disposition d’esprit où l’aidant, sachant que son outil principal demeure sa personnalité, ose s’interroger sur ce qu’il est et sur ce qu’il fait dans sa rencontre avec autrui. »
Partenariat et réseau : IME et Association d'Action Sanitaire et Sociale
Dans le domaine du social, le travail en partenariat et réseau sont apparus d'après les lois de décentralisation en 1983 puis révisées en 2004. Les travailleurs sociaux sont confrontés à des problématiques familiales ou professionnelles de plus en plus complexes et les dispositifs d'actions sociales requièrent de nombreux acteurs du secteur public et de la société civile. Ce travail de collaboration complexe a nécessité d'unir les forces : il s'agit de mutualiser les compétences, d'unir les ressources et les efforts afin d'assurer une qualité d'accompagnement vis-à-vis de l'usager. Ce n'est qu'à partir de la loi du 2 janvier 2002, rénovant l'action sociale et médico-sociale qui indique dans son article 21 que, "Favoriser la coordination, la complémentarité, garantir la continuité des prises en charge et de l'accompagnement dans le cadre de réseaux sociaux et médico-sociaux coordonnés" que se créé "une plus grande coopération entre établissements et services". On a alors vu la création de plusieurs outils : les conventions, les syndicats inter-établissements, les groupements (GIE, GIP), les Groupements de Coopération Sociale et Médico-sociale (GCSMS), les regroupements et les fusions. Le GCSMS, issu du sanitaire est fortement encouragé aujourd'hui par la direction générale des affaires sociales (DGAS) qui y voit la nécessité pour les établissements de développer des mutualisations de leurs moyens et de leurs ressources, de rendre plus efficace leurs modes de collaboration et d'évoluer vers un décloisonnement entre le secteur social et le secteur médico-social. Les missions des groupements sont élargies dans l'article 94 de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, modifiant ainsi le Code de l'action sociale et des familles. Lors de mon parcours de formation pour obtenir le diplôme d'éducatrice spécialisée, il m'est demandé d'élaborer un dossier contribuant à la validation du DC4 « Implication dans les dynamiques partenariales, institutionnelles et inter-institutionnelles » en lien avec mon stage « à responsabilité ». Au travers de ce dossier, je compte démontrer les complexités du travail en partenariat et en réseau, ainsi que sa mise en œuvre. Je compte, dans un premier temps présenter mon lieu de stage et son territoire. Redéfinir les notions de partenariat et de réseau afin de démontrer leurs complémentarités dans le travail social. Enfin, montrer les complexités de l'élaboration d'un partenariat, ses enjeux et son évaluation.

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