
Actuellement, plus de 700 000 personnes, soit plus de 1% de la population française, se trouve sous un régime de protection juridique. Le nombre de mesures prononcées, depuis plusieurs années, enregistre une croissance régulière et soutenue. A ce rythme, il devrait dépasser 1 million en 2010. Un chiffre qui interpelle, sachant que ces mesures sont privatives de libertés et restrictives de droits.
Pourtant la France fait partie des pays développés et riches où l’éducation mène à la socialisation, à l’autonomie. A 18 ans, l’âge de la majorité, toute personne est reconnue capable, légalement, d’exercer tous ses droits civils. Cependant, ce n’est pas toujours le cas, ce qui nous renvoie aux problèmes de la dépendance et des incapacités, en somme du handicap.
Les semaines passées dans les services de l’association ATIS m’ont fait découvrir un milieu professionnel qui m’était totalement inconnu, la profession de déléguée à la tutelle que j’avais déjà rencontré, mais que je connaissais peu et un public que je ne soupçonnais pas. Celui-ci allant de personnes ayant de la fortune à des personnes en extrême précarité. Certains ont suffisamment d’argent pour couvrir leurs besoins, mais font des demandes incessantes, car ils sont éloignés de la réalité et d’autres n’ont presque rien et ne demande rien. On pourrait croire qu’ils n’ont besoin de rien…